Ecrire un livre quand on a pas le temps

Métro boulot dodo… Plus de neurones valables le soir. Le week-end, les courses, les enfants, la maison, l’envie de se changer les idées. Se poser dans le canapé et ne rien faire. La grasse matinée… Pas le temps d’écrire. Pas l’envie.

Vous vous reconnaissez ? Moi, oui !

Durant des semaines, voire des mois, j’ai remis à plus tard l’écriture de mon livre. L’envie était là mais trop de fatigue, un peu de fainéantise, de la peur aussi.
Jusqu’à ce que je me décide enfin à changer ma façon de vivre afin de me libérer du temps pour écrire. J’ai fait des choix. De petits « sacrifices » pour un grand résultat.

 

Trouver du temps

Alors, oui, évidement, celle-là, elle est simple. Plus facile à dire qu’à faire ?

Je travaille dans une entreprise 5 jours sur 7, généralement de 8h00 à 17h30. Je « pointe » donc je régule mes horaires comme bon me semble, du moment que j’empile 38h/semaine. Il m’arrive de commencer à 9h00 ou de terminer à 18h30. Quand je reviens chez moi, j’ai juste envie de « me poser ».
J’ai analysé mon emploi du temps et ma façon de vivre et je me suis imposée des plages d’écriture :

Le lundi soir, je suis encore à peu près en forme : le week-end m’a permis de recharger les batteries. Le vendredi soir, je suis heureuse que le week-end soit enfin là donc j’ai la pêche ! Par conséquent, j’ai modifié mes horaires de travail : le lundi et le vendredi, je termine à 16h00. Je rentre chez moi immédiatement (pas de courses, pas de ballade), je me fait un thé et je m’assoie devant mon ordinateur pour écrire durant au moins 1 heure.

Le week-end, je suis souvent prise le samedi entre les courses, le ménage, les sorties, etc. Difficile de modifier ce rythme-là. J’ai donc décidé de sacrifier plutôt 1 heure de grasse matinée du dimanche pour écrire.

Nous avons tous un rythme de vie et un rythme corporel. Comme la majorité des gens, je suis plus efficace le matin, j’ai plus d’imagination après mon réveil. Je me suis donc résolue à me lever une demi-heure plus tôt 3 jours par semaine et à me poser avec un cahier papier. Pourquoi papier ? C’est plus rapide, je peux retranscrire immédiatement les idées qui me sont venues durant mon sommeil ou au réveil. Et je ne suis pas tentée de lire mes emails, ce qui arriverait inévitablement si j’allumais mon ordinateur…

S’il m’arrive d’avoir une idée durant ma journée de travail, je la note précieusement dans un petit carnet qui m’accompagne partout et, le soir venu, je la retranscris dans mon fichier Word (ou mon cahier ou…).
Si j’écris dans la soirée, au moment où mon cerveau est fatigué par ma journée, je me consacre plutôt à la relecture, l’édition ou la recherche.

Je ne vous recommande évidemment pas d’arrêter toute vie sociale pour passer votre temps à écrire. Bien au contraire. Il faut lire, s’aérer, sortir, aller au cinéma, voir des amis, se promener, c’est essentiel, tant pour la créativité que pour la concentration. Mais plutôt que de regarder la télévision tous les soirs, de jouer aux jeux vidéos durant des heures ou de préparer de délicieux gâteaux bien trop caloriques (j’ai fait les trois…), essayez de vous créer et de vous imposer des plages de temps durant la semaine pour vous consacrer uniquement à l’écriture. Cela doit devenir une habitude, une règle à ne jamais transgresser.

Vous ne pouvez vraiment pas consacrer du temps à l’écriture dans la journée ?
– Vous prenez les transports en commun ? Profitez-en pour écrire dans un petit carnet. Les personnes que vous rencontrez dans le métro ou le train peuvent d’ailleurs être source d’inspiration.
– Vous n’avez qu’une dizaine de minutes sous la main ? Écrivez déjà un brouillon de votre idée, la structure générale de votre histoire, la description d’un personnage ou d’un lieu, un bout de dialogue.

Une heure, une demi-heure, 20mn, selon vos possibilités et ce qui vous convient. Vous pouvez toujours trouver du temps si vous le voulez vraiment.

 

Rester concentré(e)

sur son téléphonePas de téléphone, pas d’email, pas de réseaux sociaux, pas de télévision.

Le plus simple : vous isoler, écrire sur un carnet ou un cahier papier et éteindre votre téléphone. Vous ne serez pas tenté(e) de flâner et votre cerveau lui-même saura que vous n’avez pas accès à ces sources de distractions si tentantes.

Si vous écrivez sur votre ordinateur, voici quelques logiciels efficaces pour vous empêcher d’aller sur internet :

  • Cold Turkey (anglais, Windows et Mac) : la version gratuite bloque l’accès aux sites internet que vous avez au préalable identifiés.
  • SelfControl (anglais, Mac) : bloque les sites et serveurs mails que vous indiquez, durant la période de temps que vous choisissez.
  • Stay Focus (extension Chrome) : limite le temps que vous passez sur des sites web désignés.
  • Leech Block (extension Firefox) : vous permet de spécifier des sites à bloquer, des plages horaires et des journées par semaines.
  • Je vous recommande également Rescue Time (anglais, Windows, Mac, Android et iOs), qui vous permettra de mieux comprendre comment vous passez votre temps devant votre ordinateur et sur quoi porte votre attention. Et peut-être de réaliser à quel point vous perdez votre temps chaque semaine.

Pour mieux vous isoler de votre environnement, vous pouvez utiliser un casque à réduction de bruit actif ou un simple casque audio avec de la musique (zen, classique, nature, de concentration, voire d’inspiration…).
Vous pouvez également vous rendre dans un endroit calme et propice à la concentration, comme… une bibliothèque.

 

Pas de multitâche

Écrire et simplement écrire. De nombreuses études ont démontré que le multitâche est contreproductif. On a l’impression de faire plus alors que l’on fait non seulement moins, mais aussi moins bien. On est plus lent et moins concentré.
On pense commencer une recherche sur tel ou tel sujet car on a besoin d’une description détaillée d’un lieu pour la scène 3 du chapitre 6… et on se retrouve à flâner sur Pinterest, regarder des vidéos de chatons, répondre à ses SMS, lire ses mails ou rechercher un vol pas cher pour les prochaines vacances.

De mon côté, je sépare clairement le temps des recherches et le temps de l’écriture.

Vous pouvez utiliser la technique « pomodoro » (25mn de travail, 5 mn de pause, 25 mn de travail, etc.) si vous ne parvenez pas à vous concentrer sur de longues durées. Il existe même un site (tomatotimer) qui remplit la fonction de minuteur. Il est important de faire des pauses, tant pour le corps que pour l’esprit.

 

Utiliser un logiciel ou une appli

J’ai nommé Scrivener (français, windows, mac, 40 €).

Plutôt que de réinventer la roue, je vous propose de lire les articles de Lionel Davoust et Guy Morant, qui vous explique à quel point Scrivener va vous faciliter la vie (après vous l’avoir compliquée ;-)).

Mais vous pouvez aussi utiliser l’enregistreur vocal de votre téléphone lorsqu’une idée vous vient alors que vous attendez un rendez-vous ou que vous êtes dans les bouchons. Et non, je vous rassure, personne ne va s’inquiéter du fait que vous parliez seul(e) : tout le monde le fait déjà dans la rue, avec une oreillette. Bon… d’accord… Si vous exprimez tout haut des dialogues parlant de meurtres et de cadavres découpés, ce sera un peu différent (oui, c’est du vécu).

Et si vous avez la flemme de recopier ce que vous avez dicté, internet viendra à votre secours grâce à « Google Docs Voice Typing » (ne fonctionne qu’avec Chrome). Allez dans Google Docs, créez un document puis cliquez sur « Outils » et « Saisie vocale ».
Si cela vous dit, et avec un peu d’entrainement, vous pouvez même écrire la totalité de votre livre avec la diction vocale, sans jamais utiliser vos doigts.

 

Engagez-vous

Vous trouverez plus facilement et plus volontairement du temps pour écrire si vous prenez un engagement avec votre livre, et si vous créez un processus structuré.
Engagez-vous à écrire 500 mots par jour.
Engagez-vous à écrire une page par semaine.
Engagez-vous à terminer votre livre avant le printemps.
Et si vous tenez votre engagement, offrez-vous une récompense (terminer enfin cette série télé géniale que vous n’avez pas regardée le soir car vous étiez penché(e) sur votre cahier d’écriture…  ;-)).

 

Et vous ? Que faites-vous pour vous donner le temps d’écrire ?

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    2 Comments

  1. Bonjour Vincent.
    Merci pour votre commentaire, je suis heureuse d’avoir pu vous inspirer. Je suis d’accord avec vous, il est bien difficile de trouver du temps pour écrire. J’applique mes propres conseils et c’est parfois compliqué. Mais il faut s’y tenir car l’écriture est un travail et il faut s’y consacrer tous les jours. Ce qui n’est pas une mince affaire !
    De mon côté, je fais lire mes écrits à mes amis mais je me méfie de leurs avis dans le sens où ils risquent d’être « trop gentils » alors que je préfère qu’ils soient cruels et sans pitié 😉
    En tout cas, bravo pour vos 200 pages d’écriture, je trouve que c’est très bien. Certains parviennent à écrire un livre en 2 mois, et pour d’autres cela prend 20 ans. L’essentiel est de le terminer 😉 Bon courage en tout cas et ne lâchez rien !

    Pour répondre à votre autre question, mes livres de fiction ne sont pas encore sortis. Ils seront sans doute publiés en auto-édition, mais moins rapidement que ce que je pensais : je viens de signer avec une « vraie » maison d’édition pour l’écriture d’un ouvrage sur un tueur en série et je vais m’y consacrer durant les mois qui viennent…
    Toutes mes amitiés.

  2. Merci de partager vos ‘stratégies’ pour libérer et aménager le temps d’écriture. Je me considère comme écrivain moi-même, j’ai publié quelques nouvelles de science-fiction et fantastique dans les annéesz 80 (Revue ‘Fiction’, éd. Opta et anthologie ‘Univers’ éd. J’ai Lu), et quasiment rien depuis (quelques traductions de romans pour la collection Harlequin!). J’ai commencé plusieurs romans que j’ai laissés inachevés, dont deux dépassaient le millier de pages, bref je me suis laissé engloutir par les exigences de la vie quotidienne, mon travail d’infirmier dans un service de gérontologie, épuisant, tant psychologiquement que physiquement. J’ai entrepris un nouveau roman au milieu de l’année 2016 et j’essaie de m’astreindre à une discipline d’écriture, mais j’ai beaucoup de mal à respecter les règles que je m’impose moi-même en raison de tout ce que vous avez évoqué (fatigue, tâches ménagères diverses, les enfants, tout, quoi!…). J’ai par contre établi un plan général du livre tel que je le conçois, du début à la fin -ce que je n’avais jamais fait par le passé! et le concept continue de m’enthousiasmer même après 10 mois d’écriture qui n’ont produit à l’heure où je vous en parle qu’un peu plus de 200 pages. Votre article ‘Ecrire un livre quand on a pas le temps’ arrive donc à point nommé pour m’aider à structurer un peu mieux ma façon de travailler et à lutter contre la paresse et la procrastination…

    Par ailleurs, j’ai lu votre livre sur les serial-killers ’41 Portraits….’ qui m’a beaucoup intéressé. Où peut-on trouver vos livres de fiction ? Ont-ils fait l’objet d’édition papier ?
    Quoi qu’il en soit, merci pour votre article que j’ai trouvé très stimulant et inspirant.
    Je vous souhaite bon vent pour votre travail d’écriture! J’ai très envie de lire vos livres de fiction et je vous ferai part de mes impressions si vous le souhaitez (chose qui me terrifie : faites-vous lire facilement des extraits de vos travaux à vos proches ?).
    Meilleures pensées,
    Vincent Ronovsky.

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